Vœux de l’UTP : un discours encourageant, optimiste et volontaire (8/01/2015)

Devant les plus de 400 personnalités présentes lors de la traditionnelle cérémonie des vœux, organisée le 8 janvier 2015 au Cercle National des Armées, Jean-Marc Janaillac, Président de l’UTP a prononcé une allocution, mettant en exergue l’année 2014 dans ses aspects positifs et moins positifs pour la profession. Il a également présenté une partie des travaux menés par l’UTP. Jean-Marc Janaillac a achevé son discours en détaillant les sujets de mobilisation majeurs de la profession en 2015.

Popularité des transports publics, rayonnement international et 3eme appel à projets

« Le premier point positif, c’est une popularité des transports publics qui ne se dément pas et qui constitue aujourd’hui notre meilleur atout », a souligné le Président de l’UTP. En effet, le nombre de voyageurs a augmenté de 40% en 10 ans et il devrait encore progresser de 3% en 2014, après une hausse de 4% en 2013. Plus de 8 Français sur dix recommandent à leur entourage de se déplacer en transport public : ce résultat est issu de l’Observatoire de la mobilité que l’UTP a fait réaliser en septembre 2014.

La deuxième grande source de satisfaction de l’UTP concerne l’activité de ses composantes au plan international. « En 2014, une fois encore, nos adhérents ont gagné de très beaux contrats à l’étranger et nous devons nous féliciter de compter en France trois des cinq champions mondiaux de l’activité d’opérateur de transport » a insisté le Président Janaillac.

Troisième point positif, l’annonce, après de longs mois d’attente, des 99 dossiers retenus dans le cadre du 3ème appel à projets et l’avancée du Grand Paris.

Europe, ferroviaire, social, … : les avancées de 2014

Lors de cette intervention, Jean-Marc Janaillac a indiqué son principal motif de satisfaction : « l’ensemble des dossiers que l’UTP a fait avancer qu’il s’agisse de lobbying en France et en Europe, d’économie des transports, de promotion de la filière, ou de négociations sociales ».
Dans le champ social du transport urbain : en 2014, l’UTP a signé deux accords avec les organisations syndicales, l’un en début d’année sur les salaires, dans des conditions difficiles compte tenu du très bas niveau de l’inflation, et l’autre, sur la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Avec cet accord, le transport urbain a été l’une des toutes premières branches professionnelles à s’inscrire dans le dispositif. L’UTP a aussi été engagé des discussions sur la formation professionnelle et sur la sécurisation des parcours professionnels. « Elles se poursuivront en 2015 afin d’aboutir, je l’espère, à des accords », a insisté le Président de l’UTP.

OK Photo Bruno MAZODIER 2742En matière ferroviaire, la loi portant réforme ferroviaire a largement repris les propositions portées par l’UTP, notamment sur la gouvernance des gares et l’optimisation du fonctionnement du système ferroviaire, au travers du Comité des opérateurs et de la charte du réseau. L’UTP suit désormais la mise en œuvre des décrets d’application, en intervenant notamment auprès de l’ARAF dont Jean-Marc Janaillac a tenu à saluer « le rôle indispensable, le sérieux et le professionnalisme ». Concernant la construction du futur cadre social commun, un premier accord sur les conditions de la négociation a été trouvé avec les 7 organisations syndicales représentatives. Le Président de l’UTP a indiqué que les discussions se poursuivront en 2015 avec l’objectif d'aboutir à de nouveaux accords constitutifs de la future convention collective de la branche ferroviaire. Autre sujet évoqué par le Président dans son allocution : les efforts d’information et de sensibilisation des institutions européennes sur le 4eme paquet ferroviaire et les enjeux de l’ouverture à la concurrence, les travaux avec l’IGD et avec le gouvernement sur la transposition en droit français de la directive Concession et sur la généralisation de la médiation et la sûreté dans les transports urbains. Sur ce dernier sujet, Jean-Marc Janaillac a indiqué : « Nous avons bon espoir que les engagements forts pris par les ministres concernés lors du dernier comité national, et qui constituent des avancées substantielles, trouveront rapidement leur traduction dans des textes législatifs et règlementaires ».

TVA, écotaxe, fragilité économique : les difficultés rencontrées en 2014

Concernant les évolutions et décisions défavorables à la profession, Jean-Marc Janaillac en a cité trois : la hausse de la TVA, le report de l’écotaxe et la dégradation du modèle économique.

Au 1er janvier 2014, malgré une mobilisation forte et partagée des élus, des voyageurs et des opérateurs, des voyageurs et des opérateurs, les transports publics du quotidien n’ont pas bénéficié du taux réduit de TVA applicable aux services de première nécessité. « La hausse du taux de TVA de 7 à 10 % affecte près de vingt millions de personnes qui, chaque jour, utilisent les transports publics, a insisté le Président de l’UTP. Elle réduit le pouvoir d’achat des voyageurs, et encore plus sûrement, les recettes nettes des autorités organisatrices, dès lors que les tarifs n’évoluent pas en proportion de la hausse de la TVA ».

Photo Bruno MAZODIER 2763Deuxième événement peu favorable au secteur : le « report » sine die de l’écotaxe. Pour l’UTP, cette décision va à l’encontre des objectifs du Grenelle de l’Environnement et des ambitions européennes qui visent à doubler la part modale des transports publics et ferroviaires et à réduire les émissions de CO2 du transport routier de 20 %. « Il n’existe plus aujourd’hui de mécanismes de financement ou de fonds d’investissement assis sur des ressources stables dédiées au financement des infrastructures de transport, alors même que l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France (AFITF) doit établir des programmations à moyen et à long termes et disposer pour cela de ressources stables et pérennes », a indiqué le Président de l’UTP.

Dernier sujet de préoccupation, et pas le moindre, mis en exergue dans le discours des vœux : la fragilité croissante du modèle économique. Jean-Marc Janaillac a ainsi rappelé : « C’est un sujet crucial pour notre profession car il correspond à une tendance de fond qui impacte et impactera durablement notre activité si nous ne réagissons pas rapidement et fortement. Soyons très clairs : le modèle économique qui est aujourd’hui celui du transport public urbain a atteint ses limites ». Dans le transport public urbain, le ratio recettes sur dépenses (R/D) s’établissait à 31 % fin 2013. Dix ans auparavant, il était de 39%. Entre 2013 et 2014, la progression des recettes (vente des titres) des réseaux de province n’a pas été divisée par 2, mais par 3 … . « Il est à craindre, à cet égard, que les récentes décisions prises en Ile de France ou en Languedoc-Roussillon ne fassent que renforcer encore cette tendance dans les années qui viennent » a ajouté le Président de l’UTP.

Contraintes par leur budget, certaines collectivités locales n’ont maintenant pas d’autres choix, à défaut d’une évolution des tarifs, que de réduire l’offre, soit en quantité, soit en qualité. « Pour la première fois dans l’histoire de notre profession, nous entendons les mots « réduction de l’offre », « diminution de l’amplitude de service », alors que, jusqu’à présent, nous étions plutôt habitués à d’autres termes tels que « développement », « croissance », ou encore « amélioration, a déclaré le Président de l’UTP. Nous avons besoin d’unir toutes nos énergies et tous nos savoir-faire, d’utiliser toute notre force de conviction et toute notre capacité d’influence si nous voulons inverser durablement cette tendance ».

Financement des infrastructures, environnement et équilibre économique : les priorités 2015

Pour l’UTP, il s’agit aujourd’hui de maintenir la dépense publique à un niveau permettant le financement d’infrastructures de transport, indispensables à l’attractivité et à la compétitivité de nos territoires, d’abaisser les coûts et améliorer la productivité, et obtenir des entreprises et des particuliers qu’ils contribuent davantage (sous forme de redevance et/ou de tarification) au financement des services de mobilité dont ils sont les bénéficiaires.
Au titre des priorités 2015 : le projet de loi NOTRE (Nouvelle organisation territoriale de la république) et le projet de loi sur la Croissance et l’activité, qui prévoit la libéralisation du marché de l’autocar longue distance. « L’UTP a appelé à ces évolutions et les soutient et elle restera attentive à ce que toutes les conditions de leur succès soient réunies », a insisté Jean-Marc Janaillac.

Photo Bruno MAZODIER 2753Autre grande priorité 2015 : l’environnement, au plan national comme au niveau international, avec l’organisation, en France, de la conférence mondiale sur le climat. «Au-delà de la poursuite de l’examen par le Sénat du projet de loi sur la transition énergétique pour lequel l’UTP a milité pour une meilleure prise en compte des transports publics, la France accueillera et présidera la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques du 30 novembre au 11 décembre 2015. Le Président de l’UTP a rappelé l’importance de cet événement : « Près de 50 000 personnes de 195 pays sont attendues à ce rendez-vous décisif pour l’avenir de la planète. Cette conférence doit, en effet, aboutir à l’adoption d’un premier accord universel sur le climat applicable en 2020 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et maintenir, ainsi, le réchauffement climatique en deçà de 2°C ».

Les transports collectifs terrestres sont impliqués dans la préservation de l’environnement car ils peuvent, à leur mesure et à leur niveau, contribuer à la réduction des gaz à effet de serre en proposant une offre de mobilité durable et accessible à tous. « A ce titre, l’UTP a participé activement à la préparation de la conférence environnementale qui s’est tenue en novembre dernier. En 2015, l’UTP restera impliquée, au plan national comme au niveau international, notamment dans le cadre de la CODATU », a précisé Jean-Marc Janaillac.

L'économie des transports restera plus que jamais d’actualité en 2015: « C’est notre préoccupation majeure, nous voulons poursuivre nos efforts pour informer, sensibiliser et convaincre : aucune piste n’est à éluder et toutes les bonnes idées et retours d’expérience qui ont fait leurs preuves sont à faire connaître et à essaimer » a insisté Jean-Marc Janaillac. Pour cette raison, l’UTP et le GART ont décidé de consulter ensemble leurs adhérents. Cette consultation nationale, organisée de janvier à juin 2015, prendra à la forme d’un tour de France en six étapes dans six villes de France, autour de six thématiques qui seront 1) la fraude 2) la tarification solidaire 3) la place des transports publics dans les villes moyennes 4) l’intermodalité et la billettique 5) la standardisation et l’harmonisation des matériels et des équipements et 6) l’optimisation des réseaux.
La première étape, consacrée à la lutte contre la fraude, se tiendra le 20 janvier 2015 à Nancy.  Les étapes suivantes sont prévues à Poitiers, Grenoble, Rennes, Montpellier et Bordeaux.
Le résultat de ces échanges sera présenté et débattu lors des Rencontres nationales du Transport public, qui seront organisées du 30 septembre au 2 octobre 2015 à Lyon. Ces rencontres constitueront l’événement majeur et le grand rendez-vous de la profession en 2015.

Photo Bruno MAZODIER 2786Face à cette feuille de route de l’UTP bien remplie pour les 12 prochains mois, le Président de l’UTP a conclu son intervention par des mots forts, encourageants et optimistes : « Les enjeux sont importants, mais notre volonté d’aboutir l’est tout autant car nous croyons profondément au rôle essentiel que les transports publics peuvent jouer dans notre société. Un rôle, économique, social et environnemental, essentiel en particulier dans le contexte actuel. Economique parce qu'une mobilité pour les personnes et les biens efficace par sa qualité et son coût constitue un atout important pour l'attractivité et la compétitivité de notre pays et que notre secteur est un de ceux qui gagnent des parts de marché à l'international.
Social, parce qu'au-delà de notre responsabilité en tant qu’employeurs, les transports publics en permettant de faciliter l'accès au travail, aux activités sportives, culturelles, et de divertissement, en particulier pour les populations défavorisées, constituent un facteur de cohésion sociale irremplaçable.
Environnemental, parce que pour atteindre ces objectifs sociaux et économiques sans laisser une planète inhabitable à nos petits-enfants, la mobilité devra être collective et partagée. C'est pour toutes ces raisons et que nous croyons aussi profondément à ce que nous tous apportons à nos collectivités, et que nous restons résolument et profondément optimistes sur l’avenir de notre profession ».

 

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